Takana Zion
Nouvel Album Few Words

Son projet Few Words s’inscrit dans la lignée directe de Human Supremacy, sa dernière expérience jamaïcaine en date. Mais c’est pour l’essentiel en France qu’il a été conçu, avec l’aide du musicien Jason Wilson dans le rôle du réalisateur et arrangeur. « Il ne blague pas avec la sonorisation. Quand tu entends, tu as l’impression que c’est un Jamaïcain », note Takana. Derrière les futs pour Alpha Blondy depuis quelques années, le batteur (à ne pas confondre avec son parfait homonyme également impliqué dans le reggae, mais pianiste et résidant au Canada) a réuni pour l’occasion une équipe expérimentée qui s’est chargée de rejouer et enrichir de ses propositions les prémaquettes envoyées depuis Conakry par le chanteur.
Plusieurs featurings ont été enregistrés, notamment avec Warrior King, l’une des figures de la scène reggae depuis deux décennies. « C’est un artiste qui est très humble, qui a les mêmes valeurs que moi », souligne le Guinéen, qui a invité son homologue caribéen pour la première édition du Nimba Reggae Festival en septembre 2025 – il avait déjà fait venir Sizzla, autre référence du reggae, en 2015. Sur « Kerempeti », dont les paroles font l’éloge des ancêtres d’Haïlé Sélassié, personnage central du mouvement rastafari, il partage le micro avec Xuman. « Un frère depuis plus de 24 ans qui a été une inspiration pour la jeunesse africaine », dit-il pour expliquer la présence de ce pionnier du rap sénégalais, membre original de Pee Froiss.
Psaumes et nyabinghi
L’influence des aînés, consciente ou non, se lit parfois en filigrane : tandis qu’Alpha Blondy débute ses concerts depuis des décennies par le Psaume 23 de la Bible, Takana Zion choisit en guise d’intro à ce nouvel album d’autres extraits du Livre des Psaumes dont il a confié la lecture à ses enfants. Le fervent rasta enchaîne avec « Hosanna », un texte qui évoque « la nature christique de l’empereur Haïlé Sélassié, son couronnement, les saints éthiopiens tels que Gabra Masqual ou Abouna Petros [évêque orthodoxe fusillé par les Italiens en 1936, NDLR] et la maman de l’empereur, Woizero Yeshimebet Ali ».
Musicalement, ce morceau reprend les codes du nyabinghi, sous-genre du reggae. « Cette ancienne tradition rasta souhaite la mort aux oppresseurs blancs et à leurs alliés noirs. C’est une musique de purification, d’initiation à la spiritualité. Aller à la rencontre de sa propre divinité, aller loin dans ses propres profondeurs pour trouver le vrai calme intérieur, c’est ça le pouvoir du nyabinghi », explique-t-il.
D’un univers à l’autre
Changement de décor complet, avec Black Mafia 10 et 11, que Takana Zion met en parallèle sur le marché. « Un volume afrobeats et soul, et l’autre avec un univers plus hip hop et dancehall », distingue le chanteur qui a fait appel au beatmaker ivoirien Mr Le Juif (auquel on doit « Gnonmi avec lait » de Fior 2 Bior).
Au-delà des apparences, le Guinéen essaie de trouver une transition logique et une cohérence à sa démarche artistique multiple. « Il faut utiliser les beats et les sons que les jeunes aiment pour faire passer un message et les toucher, pour qu’ils comprennent. La connaissance est une chose, savoir la transmettre en est une autre. Tout le monde n’a pas le même feeling. Si tu utilises le reggae, parfois ça les endort », justifie-t-il. Au 21e siècle, être rasta peut prendre des voies insoupçonnées.
TAKANA ZION
Nouveau single Ye Tinsera
Ye Tinsera, qui signifie « garder la tête hors de l’eau », est le deuxième extrait de Few Words, le nouvel album de Takana Zion. Sur ce titre reggae roots spirituel, Takana Zion adresse une prière à Dieu et aux forces de la nature pour trouver la force de surmonter les obstacles. Un hymne à la résilience, à la foi et à l’espoir, qui rappelle qu’au cœur des épreuves, il existe toujours une voie pour avancer. Une musique qui donne du courage et invite à garder la tête hors de l’eau, porté par les forces de l’éternel et de la nature.
TAKANA ZION
Single Few Words feat. Warrior King
1er extrait de l’album « Few Words




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